Comment vivre son deuil sereinement ?

 

A la suite d’une tragédie, collective ou personnelle, la tendance actuelle est de fuir notre chagrin plutôt que de l’affronter. Après avoir été touchés par des événements collectifs tels que les attentats de Paris, les attentats de Beyrouth et la guerre en Syrie, nous partageons un deuil commun qui doit être traité et qui, s’il est autorisé, peut finalement conduire à la guérison.

Bien que le chagrin soit un processus naturel, beaucoup d’entre nous ont appris dès leur plus jeune âge à contenir nos sentiments et à agir comme si nous étions bien même quand nous ne le sommes pas. La douleur émotionnelle et le chagrin peuvent être si effrayants que nous essayons de les repousser et de nous distraire pour éviter de le ressentir réellement. Le chagrin de quelqu’un d’autre peut être confronté dans la mesure où il nous rappelle nos pertes passées ou à venir. En acceptant notre propre chagrin, nous pourrions trouver plus facile de faire preuve d’empathie pour le chagrin de quelqu’un.

Et si le chagrin est une compétence, de la même manière que l’amour est une compétence, quelque chose qui doit être appris, cultivé et enseigné ? Et si le chagrin était l’ordre naturel des choses, une façon d’aimer la vie quand même ? Le chagrin et l’amour de la vie sont des jumeaux, des compétences humaines naturelles qui peuvent être apprises en recevant et en se sentant dignes d’eux, puis en les pratiquant lorsque vous êtes à court de compréhension.

Une chance de guérir nos blessures les plus profondes

Lorsque surviennent des catastrophes naturelles ou d’autres événements traumatisants au niveau mondial, on assiste à une expérience collective de choc et de chagrin. La couverture médiatique de l’événement est souvent très répandue, ce qui renforce le sentiment de tragédie nationale.

Les gens ressentent le besoin de partager leur chagrin et de reconnaître leur perte même si l’événement ne les a pas directement touchés, et les rituels tels que les funérailles ou les hommages et sanctuaires spontanés sont des étapes thérapeutiques importantes dans le processus de deuil. Il jette les bases de la transition vers un nouveau départ.

Si nous nous permettons de ressentir pleinement l’impact de notre chagrin, il aura le pouvoir de guérir les plaies les plus profondes. Le choc est généralement la première réponse à la perte. C’est une transition protectrice vers des sentiments intenses et accablants qui vont du désespoir et de la colère au soulagement et à la joie.

Les gens essaient parfois de se sortir prématurément de leur chagrin. Ils y résistent parce qu’ils pensent que ce qu’ils vivent n’est peut-être pas normal et ils ont des idées de deuil qui empêchent une véritable guérison.

Les processus liés au deuil, chacun à son concept

Face à une perte, des processus liés au deuil peuvent se mettre en place. En effet, au cours de obsèques, lorsque l’on fait appel à une agence de pompe funebre musulmane ou autres, l’émotion reste lunatique et la pensée se tourne vers l’obligation qui attend durant la cérémonie jusqu’à l’enterrement. Après quelques jours, vienne ensuite le déni. On n’arrive pas à croire que la personne est partie et qu’elle ne fait plus partie de nous, de notre vie et de notre quotidien.

Les jours passent ; et c’est à ce moment que l’on se rend réellement compte que la personne elle est réellement partie et que l’on doit se résigner. C’est à ce moment que l’on peut se dire qu’on a fait notre deuil. La phase de résignation peut être longue, et à chacun sa manière d’extérioriser sa souffrance, mais pour pouvoir commencer une nouvelle vie, il est judicieux de bien vivre son deuil en laissant paraître ses émotions et ses faiblesses.

Nous sommes nés avec la faculté de pleurer

Il peut y avoir une pression de la part des amis et de la famille ou une attente volontaire de passer à autre chose. Une attitude du genre «n’avez-vous pas fini de pleurer encore ? » Plutôt que «Avez-vous suffisamment souffert ? Avez-vous assez pleuré ? »Combien de temps cela prend-il, il n’y a pas de délai pour le deuil. Nous craignons que laisser ouvertement notre peine déplaire les autres à se sentir mal à l’aise.

Chaque culture a ses propres cérémonies de deuil, ses traditions et ses comportements pour exprimer son chagrin. Dans une culture où il n’y a pas de véritable cérémonie, où la mort n’est pas pleinement intégrée à la vie, retenir des émotions fortes pourrait même être considéré comme vertueux.

Pourtant, nous sommes nés en sachant pleurer, en pleurant naturellement pour relâcher la tension et purger les émotions. Les expressions positives de notre chagrin peuvent guérir, alors que les supprimer peut avoir un effet destructeur et inhiber notre capacité à nous connecter véritablement avec les autres.

Le chagrin naît de l’âme

Le chagrin mine l’accord discret de se comporter et de contrôler nos émotions. C’est un acte de protestation qui déclare notre refus de vivre engourdi et petit. La douleur a quelque chose de sauvage, quelque chose d’essentiellement extérieur aux comportements ordonnés et sanctionnés de notre culture. Pour cette raison, le chagrin est nécessaire à la vitalité de l’âme. Contrairement à nos peurs, le chagrin est imprégné de force vitale. Ce n’est pas un état de mort ou de planéité émotionnelle. Le chagrin est vivant, sauvage, indomptable et ne peut être domestiqué. C’est vraiment une émotion qui naît de l’âme.

En embrassant notre chagrin, nous avons l’occasion non seulement de guérir nos blessures les plus profondes, mais également de puiser dans la force créatrice de ces émotions jadis enfouies. Depuis ce lieu d’ouverture, nous avons le pouvoir de contrôler notre propre cheminement de guérison et d’inciter le monde qui nous entoure à faire de même.

Voilà quelques principes à connaître concernant le deuil et la manière de la vivre sereinement pour pouvoir avancer. Beaucoup de gens sont piégés en enfouissant leur sentiment et leur peine. Sachez cependant qu’un jour au l’autre, ces sentiments referont surface, et à ce moment, il sera beaucoup plus difficile de les contrôler.