Entre violence et propagande, la dérive terroriste des séparatistes “ambazoniens”

Avoir accès à une bonne compréhension de la situation dans les régions anglophones du Cameroun nécessite de se pencher sur le terme “Ambazonie”. D’où vient-il? Quel est son origine? Dans quel but a-t-il été inventé?

ll est nécessaire de comprendre tout d’abord que la division entre les Camerounais anglophones et francophones est purement artificielle d’un point de vue africain. Elle n’est que le résultat de l’histoire coloniale du pays et de la manière dont les Européens se sont partagés le Cameroun. Ainsi toute tentative de vouloir séparer les Camerounais sur la base d’une distinction linguistique français/anglais n’est que le prolongement d’une pensée coloniale.

Le mot Ambazonie, qui trouve son origine dans Ambas Bay, la baie à l’embouchure du fleuve Wouri, a été inventé par un militant propagandiste et séparatiste en 1984, Fon Gori-Djinka, dont le but était de manipuler les esprits afin d’y semer l’idée l’idée indépendantiste.

Le résultat, en 2018, et depuis deux ans, une vague de violence terroriste sans précédent s’est emparée des deux régions anglophones du Cameroun.

L’une des cibles prioritaires des sécessionnistes “ambazoniens” est le système éducatif, en privant toute une génération de jeunes camerounais d’avoir un accès à l’instruction.

Les séparatistes n’hésitent pas à s’en prendre au corps enseignant, en menaçant ses membres, en les kidnappant, en les mutilant s’ils s’obstinent à donner des cours, en les tuant le cas échéant.

Les proviseurs qui tentent de laisser les portes de leurs établissements ouvertes subissent un sort similaire. Nul n’est en sécurité face au terrorisme des sécessionnistes. Les représentants de l’état et des forces de l’ordre paient un lourd tribut à la lutte contre le terrorisme “ambazoniens”. Pas même les enfants ne sont épargnés qui ont été l’objet de nombreux enlèvements, les perturbant psychologiquement, et poussant les familles à l’exil dans d’autres régions du pays, tel que l’Ouest ou le Littoral.

Les “Ambazoniens” cherchent bien évidemment à décourager les parents d’envoyer leurs enfants à l’école, et les résultats sont catastrophiques.

Les Nations Unies estiment que 30 000 enfants ont ainsi été déscolarisés, et que l’on note deux conséquences majeures: d’une part une croissance du nombre de grossesses chez les adolescentes camerounaises de ces régions, et une recrudescence du recrutement des jeunes garçons en tant qu’enfants-soldats.

Pour comprendre ce qu’il se dissimule derrière cette violence qui se base sur l’idée d’un pays fantoche, une donnée est essentielle: le sous-sol des régions anglophones sont riches en pétrole. Tout devient plus clair lorsque l’on sait qu’avant même l’explosion de la violence, les séparatistes basés à l’étranger prévoyaient déjà les contrats pour la vente et l’exploitation des hydrocarbures.