La Conférence générale des anglophones camerounais n’a pas été annulé par le gouvernement selon son organisateur.

Le cardinal Tumi, l’initiateur de la Conférence générale des Anglophones, ou All Anglophone Conference (AAC) en anglais, qui devait avoir lieu à Buéa le 21 et le 22 novembre, a tenu à indiquer qu’il n’y avait pas d’annulation, mais un report du fait de l’absence d’autorisation officielle de la manifestation. Il s’agit du second report de cet évènement, une première conférence devant avoir lieu les 29 et 30 août ayant également dû être reporté.

Le but principal de cet évènement, selon le Cardinal Tumi, est de réunir différents acteurs de la crise afin de déterminer les sources de la crise et créer des petites équipes qui pourront formuler des solutions afin de trouver une porte de sortie à la situation de violence dans les deux régions anglophones. Il a ainsi précisé:

«Notre travail s’arrête à ce niveau. Nous ne pouvons pas obliger le Chef de l’Etat à convoquer une rencontre au niveau national. Mais c’est lui qui a le pouvoir de veiller à ce que les Camerounais se rencontrent pour résoudre leurs problèmes»

En ce qui concerne l’annulation en elle-même, le Cardinal Tumi a souhaité rappeler, lors d’une conférence de presse qui s’est tenu le 20 novembre, qu’il n’y avait pas d’annulation stricto sensu, mais un report de la manifestation, le temps de s’assurer d’avoir l’ensemble des autorisations de la part des autorités. Des rumeurs circulant parmi les Camerounais anglophones supputaient une censure, et le Cardinal a voulu couper court à ces bruits.

«La Conférence n’est pas annulée. Mais la Conférence qui était prévue le 21 et 22 novembre n’aura pas lieu. On va vous informer des nouvelles dates. l’État n’a pas annulé la Conférence. Ils ont dit: pas maintenant» a dit le Cardinal.

Lors de ce point devant la presse, le Cardinal était entouré l’Iman de la Mosquée de Buea, Alhadji Aboubakar Mohammed, du Coordonnateur de L’Église presbytérienne au Cameroun Fonki Samuel et de Me Agbor Balla, pour réaffirmer que l’organisation de cette conférence était toujours sur les rails, et que des intervenants issus de la diaspora camerounaise pourrait suivre et participer à l’évènement via Zoom ou le logiciel Skype. Cette union des anglophones souhaitait le dialogue a reçu le soutien de la population et des chefs traditionnels selon le Cardinal Tumi: «Même quelques ministres là-bas à Yaoundé, silencieux louent cette initiative. Le corps diplomatique est avec nous. Ils sont prêts à nous aider, même financièrement. Plusieurs Camerounais et pas seulement les anglophones seront déçus que demain nous ne soyons pas à Buea».