Lorsque les Camerounais anglophones se mobilisent sur les réseaux sociaux contre la violence des séparatistes

Alors que la manifestation du All Anglophone Conference (AAC) ou Conférence générale des anglophones camerounais, qui devait se dérouler les 21 et 22 novembre, a été reporté une nouvelle fois, ce sont les réseaux sociaux qui semblent prendre le relais afin de dénoncer les violences dans les deux régions Nord-Ouest et Sud-Ouest, soumis depuis la fin de l’année 2016 à une vague de terreur issue des miliciens indépendantistes.

Dans son discours d’investiture, le président Paul Biya avait d’ailleurs rappelé qu’il souhaitait le dépôt des armes, en lançant un message en direction de la jeunesse camerounaise.

Sa déclaration était également assorti d’un rappel, comme quoi il avait bien entendu les revendications de la population des régions anglophones du pays, et qu’il souhaitait pouvoir y répondre pleinement.

Paul Biya semble avoir été entendu, et les réseaux sociaux anglophones du Cameroun marquent une exaspération contre les violences et la manière dont leurs villes et leurs régions sont en train de dépérir, alors même que le reste du Cameroun est en train d’aller de l’avant, d’un point de vue économique, culturel, éducatif et sociétal.

Dans les messages que l’on aperçoit, il ne s’agit pas d’un blanc-seing accordé au gouvernement, ou d’un accord absolu et total avec toutes les options politiques choisies par les autorités, cependant, il est rappelé un véritable attachement envers le Cameroun et cette identité camerounaise multiple.

Ainsi un internaute camerounais venant de la région du Sud-Ouest rappelle “Je ne suis pas forcément d’accord avec le gouvernement, mais il s’agit malgré tout du gouvernement de mon pays, et j’y suis attaché. Je ne demande pas à être séparé des autres Camerounais francophones, je demande juste une reconnaissance de mon identité camerounaise et anglophone.”

Un autre, habitant de Bamenda affirme “Les séparatistes ne nous représente pas. Notre mouvement ne demande pas l’indépendance, mais une reconnaissance de notre particularité au sein du Cameroun, et c’est tout.” et il poursuit “Lors de son discours, il me semble que Paul Biya dit qu’il a entendu nos demandes. C’est tout ce que je souhaite! L’écoute, pas l’indépendance de je ne sais quel pays dont mes parents et grands-parents n’avaient jamais entendu parler!”

Les réseaux sociaux étaient parfois le terrain de chasse des sécessionnistes, ils tentent de dénoncer ces positions jugées faibles et motivées par un sentiment de trahison à “l’Ambazonie”, mais ils sont rapidement remis en place: “ce sont vous les traîtres, qui empêchez les enfants d’aller à l’école, qui kidnappez et tuez des innocents!”